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Le retour de l’enfant prodigue

On est (en principe) toujours content de retrouver ses enfants après une longue absence. Vous connaissez sans doute l’expression : le retour de l’enfant prodigue. Mais au fait, prodigue ou prodige ? Il s’agit là de deux paronymes, c’est-à-dire des mots dont l’orthographe et la prononciation sont très proches, mais dont le sens diffère sensiblement.

J’ai récemment assisté à une scène très drôle qui illustre bien ce propos.

J’étais chez un ami, invité à déjeuner avec son fils de trente ans qui venait de perdre son emploi et se retrouvait obligé de squatter chez papa et maman. Le grand gaillard en plaisantant me dit : « Eh oui, c’est le retour du fils prodige ». Ce à quoi son père répondit en m’adressant un clin d’œil : « ou plutôt du fils prodigue ».

En fait, les deux expressions peuvent être utilisées selon le contexte. Prodige, veut dire prodigieux, excellent, génial… tandis que prodigue veut plutôt dire dépensier, excessif dans la dépense, mais aussi généreux.

En conséquence, si votre enfant revient d’une tournée mondiale avec l’orchestre symphonique qu’il dirige, si la critique encense ses talents de peintre ou d’écrivain, alors vous pouvez parler du retour de l’enfant prodige.

En revanche, si le petit revient au nid ruiné, la queue entre les jambes, alors là vous pourrez dire que vous avez assisté au retour de l’enfant prodigue.

L’expression fait référence à la parabole biblique de l’enfant demandant à son père une avance sur son héritage, qu’il dilapide rapidement avant de revenir penaud et repentant chercher le gîte et le couvert chez ses géniteurs qui l’accueillent bien sûr à bras ouverts.